Névrome de Morton

Définition

Le névrome de Morton correspond à la compression douloureuse du nerf plantaire interdigital, qui assurent la sensibilité de la 2éme ou 3ème commissure entre 2 orteils.

 

Il s'agit d'un nerf à visée purement sensitive. Il n'a aucune action dans la mobilité des orteils.

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Zone de division

d'un nerf plantaire interdigital

Lors de la marche, le nerf est comprimé de façon répétitive, favorisé par un chaussage étroit. Il grossit peu à peu et prend de plus en plus de place, devenant de plus en plus douloureux.

Les signes cliniques

Cette compression nerveuse se traduit par une douleur en dessous et entre les orteils, aigue, ponctiforme, violente comme un coup de poignard, avec parfois des décharges électriques vers le bout des orteils.

Elle est  provoquée par la marche ou la station debout prolongée et augmentée par les chaussures serrées.

Le fait de se déchausser et de se masser le pied permet de soulager les douleurs.

Une sensation de fourmillement ou une diminution de la sensibilité entre les orteils est également possible.

Les névromes de Morton sont localisés dans la 2ème ou la 3ème commissure du pied (jamais dans la 1ère ou la 4ème).

Rarement l'atteinte peu être multiple, atteignant les 2 commissures sur le même pied ou les deux pieds.

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Le diagnostic

Il est clinique. L'interrogatoire permet de préciser le type de douleur, la localisation et les modalités de survenue (la marche avec chaussure serrées) qui suffisent souvent à faire le diagnostic, lors d'une présentation caractéristique.

L'examen du pied permet de retrouver la douleur à la compression dors-plantaire de la commissure.

Il permet d'écarter le principal diagnostic différentiel : les métatarsalgies sur avant pied rond, qui peuvent aussi être associées.

Une radiographie du pied est réalisée pour éliminer les autres pathologies osseuses ou articulaires.

 

Le meilleur examen complémentaire confirmant le névrome de Morton et choisir le bon traitement n'est pas l'IRM.

Effectivement, c'est une simple échographie du pied (par un radiologue entrainé) qui permet de confirmer de façon formelle le diagnostic (par la visualisation du ressaut du nerf, lors de la manoeuvre de compression du pied de Mulder) et d'orienter le traitement, par la mesure du diamètre transverse du névrome.

Le traitement

Le premier traitement est médical et consiste simplement à adapter le chaussage, qui doit être à bout large ne comprimant pas l’avant du pied, en évitant les chaussures à talon.

Des semelles orthopédiques peuvent être réalisées. Elle doivent comporter "une goutte rétro-capitale", correspondant à un renflement en forme de goutte dont la base est située juste en arrière de l'appui plantaire des têtes métatarsiennes, afin de favoriser l'élargissement de la palette métatarsienne, permettant d'élargir l'espace situé au pourtour du névrome.

Le résultat de l'échographie de l'avant pied permet de définir le meilleur traitement, par la mesure du diamètre transverse du névrome.

- Si le diamètre transverse est inférieur à 5mm : une simple infiltration de corticoïdes (Diprostène) réalisé par ce même radiologue, sous contrôle échographique, permet habituellement de traiter les douleurs.

- Si en revanche, ce diamètre est supérieur à 5mm, d'expérience, l'infiltration est un échec, avec réapparition rapide des douleurs. Il faut alors opter pour le traitement chirurgical.

Le traitement chirurgical a pour objectif de faire disparaitre la douleur du névrome et éviter toute récidive.

Il est réalisé au bloc opératoire, sous anesthésie locorégionale, en ambulatoire.

Il consiste, par une courte incision à la face dorsale de la commissure douloureuse, à réaliser l'ablation du névrome (neurectomie).

La conséquence est la perte de la sensibilité de la commissure, qui est parfaitement tolérée et n'entraine aucune conséquence pour la marche et les activités.

Un pansement, assurant une contention souple de l'avant pied est mis en place à la fin de l'intervention. Il est à garder 10 jours.

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Névrome de Morton

Les suites post-opératoires

Elles sont simples, et non douloureuse, grâce à un protocole péri-opératoire antalgique (évitant les douleurs), et surtout grâce au respect des consignes post-opératoires.

Le soir de l'intervention, il faut apporter des béquilles pour sortir de l'hôpital, car la jambe reste endormie par l'anesthésie jusqu'au lendemain et il n'est pas possible de l'utiliser pour la marche.

Le lendemain, l'appui au sol est possible, à plat, sans se porter sur l'avant du pied.

Il faut pendant 10 jours, garder le plus possible le pied surélevé au dessus du genou, afin d'éviter les saignements et la survenue d'hématomes et d'oedèmes douloureux. Pendant cette période, les déplacements doivent être limités aux petites comodités.

Pendant la douche (assise sur chaise en plastique), il faut protéger le pansement pour ne pas le mouiller. Un système type Hydro-protec peut être acheté en pharmacie.

Ce pansement est gardé 10 jours, puis ensuite des soins de pansement seront réalisés par une infirmière à domicile. Les fils sont résorbables et tombent à 3 semaines.

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La consultation de contrôle a lieu à 3 semaines, afin de vérifier la bonne cicatrisation.

L'arrêt de travail est de 2-3 semaines.

L'arrêt de sport est de 1 mois.

Malgré tout, des complications peuvent survenir dans 1 à 5 % des cas (infection, hématome, raideur, algodystrophie...), surtout favorisées par le non respect des consignes post-opératoires...