Resurfaçage de hanche

 

 

Principe

 

Le resurfaçage de hanche est une intervention chirurgicale visant à retrouver une hanche indolore, en remplaçant le cartilage de la hanche qui est altéré par arthrose, par un couple d’implant métallique, tout en préservant le stock osseux de la tête fémorale.

 

Au niveau fémoral, à la différence d’une Prothèse Totale de Hanche (PTH) où la tête et le col du fémur sont réséqués et remplacés par un implant introduit dans le fémur, le Resurfaçage réalise une résection ostéo-chondrale de la périphérie de la tête fémorale, qui est alors remplacée par une cupule qui vient la « chapeauter », tout en restaurant le diamètre de la tête, et donc l’anatomie normale de la hanche.

 

Au niveau cotyloidien, la surface cartilagineuse est fraisée et remplacée par un implant impacté dans le cotyle osseux, qui s’articule avec l’implant fémoral (comme dans une PTH).

Resurfaçage de hanche droite

Prothèse totale de hanche gauche

L’implant de Resurfaçage métal/métal a été inventé en 1991 en Angleterre à Birmingham par le Dr Derek Mc Minn.

Il est composé de deux pièces métalliques (Chrome-Cobalt): un implant cotyloidien et une cupule fémorale.

L’implant actuel BHR (Birmingham Hip Resurfacing – Smith&Nephew) est une évolution datant de 1997 de l’implant initial.

Sa mise en place demande une technique rigoureuse et précise afin d’éviter des complications post-opératoires précoces: fracture du col du fémur…

Indication

 

Patient, sportif (sport à impact), avant 50-55 ans, non insuffisant rénal, sans allergie, souffrant d’arthrose de hanche.

 

En revanche le Resurfaçage n’est pas recommandé :

- chez la femme, pour trois raisons: car il est décrit un risque d’allergie aux ions métalliques, plus important chez les femmes que chez les hommes; il y a un risque de passage au foetus des ions métalliques lors d’une grossesse; enfin chez la femme plus âgée l’ostéoporose fragilise la qualité osseuse augmentant le risque de fracture du col du fémur et d’échec de l’implant fémoral.

- en cas d’insuffisance rénale.

- en cas d’allergie au Chrome ou au Cobalt.

- en cas de difficulté osseuse: ostéoporose, Ostéonécrose aseptique étendue de la tête fémorale, Ostéopénie, Polyarthrite Rhumatoide, Dysplasie sévère cotyloidienne.

 

 

 

Avantages

  • Préservation osseuse: la tête et le col du fémur ne sont pas réséqués comme dans une prothèse totale, la partie proximale osseuse du fémur reste intacte. Seule la périphérie ostéocartilagineuse de la tête fémorale et du cotyle est réséquée (resurfaçage).

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  • Aucun risque de luxation: toutes les activités professionnelles et sportives peuvent être reprises favorisé par le respect du diamètre de la tête fémorale.

 

  • Pas de risque d’inégalité de longueur des membres inférieurs en post-opératoire, comme on peut parfois le voire dans les PTH.

 

 

 

Surveillance

 

Le Resurfaçage concentre aujourd’hui toutes les attentions sur son indication, mais aussi sur le suivi des implants posés.

 

En tant qu’implant à couple de frottement métal/métal (Chrome-Cobalt), il justifie d’une surveillance particulière devant le risque de relarguage dans la circulation sanguine d’ions métalliques normalement éliminés par le rein dans les urines. Aussi sa réalisation est contre-indiquée chez les patients souffrant d’insuffisance rénale.

 

Cette surveillance nécessite pendant au moins 5 ans un contrôle radiologique et clinique annuel par le chirurgien,  associé à un dosage de la fonction rénale dans le sang (urée, créatininémie).

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Complications

Une intervention chirurgicale n’est JAMAIS un acte anodin.

Même si toutes les précautions sont prises, il n'y a pas de « risque zéro ». Lorsque vous décidez de vous faire opérer, vous devez en avoir conscience et mettre en balance les risques et le bénéfice attendu de cette intervention (la balance bénéfice/risque).

Des complications peuvent survenir pendant l’intervention :

  • Le saignement des tissus (y compris de l’os) est normal et habituel au cours d'une intervention, mais peut de façon rare, imposer le recours à une transfusion sanguine, même si l’intervention s’est parfaitement bien passée. C'est pourquoi afin de limiter ce risque le Docteur FRIOUX utilise un système d'épargne sanguine (Cell Saver), afin de limiter la perte sanguine due à l'intervention. Ainsi le saignement est récupéré grâce à une aspiration puis centrifugé et filtré après l'intervention, en salle de réveil, permettant de vous retranfuser immédiatement votre sang après l'intervention.

  • Une blessure des vaisseaux, surtout dans les interventions complexes, peut être à l’origine de saignements importants et avoir des conséquences vitales.

  • Une fracture peut survenir, favorisée par l’existence d’une fragilité osseuse (ostéolyse, ostéoporose...). 

  • La mise en place de l'implant, notamment fémoral, peut s'avérer impossible pendant l'intervention, en fonction de la qualité osseuse et de sa morphologie. Il est alors décidé, pendant l'intervention, de mettre en place une prothèse totale classique.

  • Une blessure de nerfs peut entraîner des troubles durables voire définitifs tels qu’une paralysie partielle des mouvements du membre inférieur.

​Des complications peuvent survenir à distance de l’intervention :

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  • Les hématomes favorisés par une activité trop importante pendant principalement les 2 premières semaines après l'intervention. Il faut savoir pendant cette période se reposer et ne pas trop solliciter sa hanche.

  • L'infection post-opératoire (infection nosocomiale), est estimée à 1%. Elle peut être favorisée par l’infection d’une autre partie du corps (dents, peau...). Après l’opération, toute infection du site opératoire doit être signalée à votre chirurgien.

  • Les phlébites (qui touchent les grosses veines au-dessus du genou) sont dangereuses parce que les caillots peuvent migrer dans la circulation et boucher des artères essentielles (embolie pulmonaire).

  • La cicatrice peut rester sensible et il peut arriver que certaines zones autour de celles-ci aient perdues un peu de leur sensibilité.

  • Parfois, certains tendons autour de la prothèse peuvent être irrités (psoas). Cela peut entraîner des douleurs lors de certains mouvements et nécessiter divers traitements, voire un nouveau geste chirurgical.

  • Usure : au fil du temps, la prothèse s’use. Cette usure peut être bien tolérée, mais elle va s’aggraver avec le temps et l’activité. Elle est variable selon le type de prothèse mais les nouveaux matériaux de frottement (céramique Biolox Delta et polyéthylène hautement réticulé) ont grandement diminué ce risque.

  • L’os avec son vieillissement (ostéoporose) peut se fissurer ou casser autour de la prothèse.

  • Dans des cas extrêmement rares, l’implant lui-même peut se casser.

  • Un bruit anormal peut apparaitre sans douleur lors de la marche ou de certains mouvements. Il est important de re-consulter avec un nouveau bilan radiographique. Cela peut être dû à un défaut de lubrification (défaut d'hydratation) ou à une défaillance d'un implant.

Remplacement de la Prothèse :

Le descellement : l’usure peut parfois abimer l’os autour de la prothèse et altérer la fixation de celle-ci. Elle va alors bouger à l'intérieur de l'os par des micro-mouvements qui font apparaitre la douleur. Il faut alors consulter rapidement.Lorsqu’une prothèse se détériore, il faut en général la remplacer. Les modalités de ce remplacement (= reprise de prothèse de hanche) sont très variables, allant du plus simple au plus compliqué selon les cas. En particulier, si l’os (bassin ou fémur) est très abimé, le remplacement de la prothèse peut être difficile : c’est pourquoi il est important de consulter régulièrement votre chirurgien pour surveiller l’état de votre hanche, et de prendre contact avec lui en cas de problème.

Prévention des infections à distance :

Une prothèse est un matériel inerte que vos défenses immunitaires ne peuvent protéger si une bactérie vient s’y fixer. Lors d’une infection à distance (plaie infectée, infection urinaire, gynécologique, dentaire, cutanée...) ou lors d’une autre intervention chirurgicale, même anodine (chirurgie dentaire, par exemple), des bactéries peuvent passer dans le sang et venir se fixer sur votre prothèse. Signalez donc avant tout soin que vous êtes porteur d’une prothèse et signalez toute fièvre ou infection à votre médecin traitant, afin qu’elle soit traitée rapidement.