Ostéosynthèse de la Hanche

 

 

Les fractures de l'extrémité supérieure du fémur

Les fractures de l'extrémité supérieure du fémur regroupent deux principaux types de fractures en fonction de leur localisation :

- les fractures du col du fémur,

- les fractures du massif trochantérien.

Capture d’écran 2022-02-15 à 15.04.10.png

Il existe différentes techniques pour traiter une fracture de l’extrémité supérieure du fémur. Il dépend :

  • du type de fracture ;

  • de l’état de la hanche (présence d’arthrose ou non) ;

  • de l’état de général (âge, maladie chronique, autonomie physique, état psychique).

Le traitement fonctionnel non chirurgical est préféré chez les patients autonomes valides, dans les fractures cervicales dites stables (Garden I et II) engrenées qui peuvent consolider spontanément. L'appui sur la jambe fracturée est alors interdit pendant 6 semaines (béquilles, fauteuil roulant...), le temps de la consolidation osseuse.

Le traitement chirurgical regroupe 2 traitements différents :

- soit la réduction de la fracture et son ostéosynthèse qui vise à stabiliser l’os fracturé afin d'éviter son déplacement secondaire grâce à du matériel (vis plaque, clou gamma...).

D'une façon générale c'est le traitement à privilégier chez le patient jeune dans tous les types de fractures, en urgence, afin de diminuer le temps de traumatisme de l'artère circonflexe postérieure et ainsi préserver la vitalité de la tête fémorale afin d'éviter sa nécrose. Ce risque est malheureusement à surveiller car même après une intervention parfaitement réalisée la nécrose peut survenir, généralement dans les 2 ans qui suivent la fracture.

Chez le patient âgé, l'ostéosynthèse est réalisée dans les fractures trochantériennes et dans quelques fractures cervicales peu déplacées (Garden I, II et III).

Capture d’écran 2022-02-15 à 15.06.35.png

Vis plaque THS :

- Avantage : la voie d'abord (----) ne passe pas à travers le muscle fessier, ce qui diminue le risque de boiterie chez le patient jeune.

- Inconvénient : nécessite en post-opératoire un appui soulagé par 2 cannes pendant 6 à 8 semaines, devant un risque d'impaction important de la fracture le long de l'axe de la vis.

Capture d’écran 2022-02-15 à 15.08.01.png

Clou Gamma :

- Avantage : la voie d'abord (----) est mini-invasive, par 3 incisions de 3-4cm.

La fracture est parfaitement stabilisée par impaction, permettant la reprise de la marche immédiatement en appui complet (aidée de cannes pour l'équilibre les premières semaines).

- Inconvénient : Lavoie d'abord supérieure pour l'introduction du clou traverse due muscle moyen fessier, ce qui peut entraîner une boiterie. Le clou Gamma est à privilégier chez les patients âgés.

- soit la mise en place une prothèse de hanche :

Elle est utilisée chez le patient jeune uniquement si la réduction de la fracture est impossible. Chez le patient âgé elle est réalisée dans les fractures cervicales déplacées (Garden III et IV) et chez les patients où il est impossible de respecter un non appui sur la jambe traumatisée pendant 6 semaines, et chez qui il est nécessaire d'assurer une reprise de la marche et de l'autonomie rapide.

Complications

 

Tout est mis en place pour que l'évolution soit favorable et que la personne opérée marche à nouveau le plus rapidement possible. Cependant l’intervention chirurgicale et l’hospitalisation peuvent avoir des complications, plus particulièrement chez la personne âgée.

Complications générales

Elles sont favorisées par l’hospitalisation et l’alitement prolongé :

  • phlébite, embolie pulmonaire ;

  • infection pulmonaire ou infection urinaire ;

  • escarre (plaie de la peau liée à sa compression prolongée) ;

  • confusion mentale ;

  • perte d’autonomie ;

  • aggravation d’une maladie déjà existante (exemple : problème cardiaque, aggravation d’un diabète...).

  • décès.

 

Complications orthopédiques

Il arrive que la fracture n’évolue pas favorablement. Plusieurs situations peuvent alors survenir :

  • la pseudarthrose c'est-à-dire la non consolidation de la fracture. Elle nécessite une nouvelle intervention chirurgicale ;

  • la nécrose (destruction) de la tête fémorale. Elle est consécutive à la lésion de l'artère circonflexe postérieure lors de la fracture du col du fémur. Elle apparaît habituellement dans les 2 années qui suivent et se traduit par des douleurs de l’aine et une difficulté à marcher de plus en plus importante ;

  • l'infection osseuse ou articulaire. Elle peut se développer rapidement, ou tardivement.

  • un racourcissement de la longueur du membre inférieur du coté de la fracture dû à l'impaction de la fracture. Elle est fréquente et inéluctable. Une simple talonnette permet alors la compensation.

  • la luxation (déboitement) de la prothèse. Cette situation survient en général peu de temps après l’intervention, suite à un faux mouvement accidentel.

  • un déplacement du matériel mis en place dans l'os trop fragilisé par l'ostéoporose. Cela nécessite alors une reprise chirurgicale le plus souvent.

  • une complication vasculaire ou neurologique per-opératoire.