Arthrose de Hanche

 

 

Définition

L'articulation de la hanche est entourée d'une capsule (sorte d'enveloppe), tapissée à intérieur par la membrane synoviale qui sécrète un liquide qui « lubrifie » l'articulation et nourrit le cartilage : le liquide synovial. Le cartilage permet aux deux os de glisser l'un sur l'autre sans douleur.

 

L'arthrose de la hanche (ou coxarthrose) est une pathologie dégénérative (d'usure) qui entraîne la destruction du cartilage recouvrant la tête du fémur et le cotyle.

La membrane synoviale devient alors inflammatoire.

En réaction à l'excès de pression sur le cotyle et la tête fémorale, dû à la disparition du cartilage, l'os situé sous le cartilage prolifère et produit une collerette osseuse autour de l'articulation : les ostéophytes.

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La coxarthrose survient, le plus souvent, après 60 ans, mais parfois chez des personnes plus jeunes avant 50 ans. Elle atteint seulement 3 % de la population de moins de 45 ans, 65 % après 65 ans et 80 % au-delà de 80 ans.

Son évolution est habituellement lente et progressive sur 10 à 15 ans.

La coxarthrose est une pathologie mécanique, influencée par plusieurs éléments:

              - la qualité constitutionnelle du cartilage (famille d'arthrosiques),

              - le type d'activité et de sport (sports à fort impact ou d'endurance...),

              - le surpoids et l'obésité (+++),

              - les antécédents traumatiques de la hanche,

              - les anomalies morphologiques (dysplasie, épiphysiolyse...).

Signes cliniques

La douleur de l'arthrose n'est pas due au cartilage usé car il n'est pas innervé, mais à l'inflammation de l'articulation et de la synoviale qui en découle, et à la pression et au frottement sur l'os qui n'est plus protégé.

L'arthrose de hanche entraîne typiquement une douleur de l'aine, de type mécanique, présente le matin lors des premiers pas (dérouillage matinal) puis ensuite disparaissant, pour réapparaitre lors de l'activité de marche prolongée. Enfin elle réapparait le soir au repos, dans le stade avancé, et jusqu'à réveiller la nuit au stade très avancé (par trop forte production de liquide synovial articulaire).

 

Les douleurs irradient parfois jusqu'au genou, sur la face antéro-médiale de la cuisse. Cela est dû à l'irritation de la branche récurrente du nerf obturateur par l'inflammation de la hanche.

Le nerf obturateur assure la sensibilité de la face antéro-médiale de la cuisse et du genou. Il possède une branche récurrente qui rejoint l'articulation de la hanche, qui est irritée par la coxarthrose expliquant les impressions douloureuses à distance de la hanche.

 

Parfois, s'y associent des douleur sur le côté de la hanche (en regard du trochanter) ou bas dans la fesse (pygalgie).

(Aparté sémentique: une douleur de la hanche ne doit pas être nommée coxalgie, car par définition la coxalgie est le nom attribué à une tuberculose de la hanche.)

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A noter : les douleurs situées dans le bas du dos, en haut de la fesse, sur la face latérale (externe) de la cuisse et du genou ne sont pas dues à la hanche, mais sont à mettre sur le compte d'une pathologie de la colonne vertébrale lombaire (sciatique, hernie discale, arthrose lombaire...).

Sur le plan fonctionnel, l'articulation de la hanche atteinte d'arthrose s'enraidit peu à peu, faisant apparaître une sensation de raideur qui peut être ressentie le matin, nécessitant un court temps de dérouillage.

Les rotations sont réduites en premier (surtout la rotation interne). De même à un stade avancé la flexion de la hanche devient douloureuse rendant plus difficile d'enfiler ses chaussettes et lacer ses chaussures.

A un stade avancé, la douleur retentit sur la marche au quotidien entrainant une boiterie et amenant même à se utiliser une canne.

Signes radiologiques

Une radiographie des deux hanches (de face et de profil, debout, en charge) confirme l'existence d'une arthrose.

Elle se caractérise par :

- le pincement de l'espace cartilagineux entre la tête et le cotyle (interligne articulaire), principalement à la partie supérieure de l'articulation, jusqu'à sa disparition complète si l'atteinte est importante ;

- une condensation de l'os sur lequel repose le cartilage (os sous-chondral) qui devient plus blanc;

- la prolifération d'os au pourtour de l'articulation (ostéophytes).

 

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Parfois, l'évolution de l'arthrose de la hanche est fulgurante, on parle alors de Coxarthrose Destructrice Rapide (CDR).

Elle survient généralement chez des patients plus âgés, par une usure très rapide du cartilage d'au moins 2 mm par an, ce qui fait disparaitre l'épaisseur cartilagineuse entre la tête et le cotyle en 12 à 24 mois..

Son incidence varie entre 3 et 6 % de toutes les coxarthroses.

C'est le bilan radiologique qui permet de poser le diagnostic avec un pincement rapide de l'interligne articulaire et une évolution rapide aboutissant à la destruction de la tête fémorale. 

Il faut alors intervenir pour mettre en place une prothèse totale de hanche afin de conserver la fonction de marche.

Traitement

L'arthrose de la hanche est une maladie qui persiste et évolue inéxorablement.

Le traitement initial de la coxarthrose est médical. Il est encadré par le médecin traitant ou un médecin rhumatologue. Il repose sur l'association de plusieurs mesures :

- des mesures hygiéno-diététiques: une activité physique régulière, une perte de poids est souvent nécessaire ;

 

- un traitement médicamenteux pour soulager la douleur lors des poussées inflammatoires d'arthrose : le paracétamol est utilisé en première intention et, s'il n'est pas efficace, les anti-inflammatoires non stéroïdiens; les chondro-protecteurs sont parfois utilisés.

- la rééducation guidée au début par un kinésithérapeute et poursuivie ensuite par le patient seul à son domicile; c'est un facteur-clé de la tolérance de l'arthrose car elle maintient et améliore la fonction musculaire et la mobilité des articulations

- si nécessaire, une infiltration intra-articulaire de corticoïdes sous contrôle radiographique, qui agit sur la douleur. Mais cette infiltration n'a aucun effet sur la structure du cartilage. La viscosupplémentation seule de la hanche (injection intra-articulaire d'acide hyaluronique) n'est plus recommandée. L'injection intra-articulaire de PRP (Plasma Riche en Plaquettes) n'a pas montré son efficacité.

La progression de l'arthrose est inéluctable.

Le traitement chirurgical n'est proposé qu'en cas d'échappement au traitement médical.

La chirurgie conservatrice par une ostéotomie ou la mise en place d'une butée osseuse (greffon osseux placé au dessus de l'articulation afin d'augmenter la zone d'appui) sont des interventions réservées à des cas spécifiques.

Le Resurfaçage de Hanche (RH) est accessible chez les patients jeunes, désireux de poursuivre des activités professionnelles ou sportives à impacts nécessitant une forte sollicitation de la hanche. Cette technique ne peut être proposée qu'à certains patients selon des critères stricts.

La Prothèse Totale de Hanche (PTH) remplace l'articulation de la hanche par des implants prothétiques dans le fémur et le cotyle.

Elle est mise en place par voie antérieure mini-invasive en ambulatoire.